01.02.2009
EXCLUSIF : La lettre d'Ismail Haniya à l'Iran
EXCLUSIF : La lettre envoyée par le chef du Hamas, Ismail Haniya, à son patron iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, pour le remercier de l'aide apportée par l'Iran au Hamas pendant la guerre contre Israël... (Publiée par le site iranien PRESS TV). Preuve supplémentaire que le Hamas agit en tant que bras armé de l'Iran, pour ceux qui l'ignoraient encore.
Deux éléments importants ressortent de ce document publié par la presse iranienne. 1. Le Hamas, conformément à sa vision apocalyptique, considere cette guerre comme une "victoire", et n'a cure des quelques centaines de victimes palestiniennes civiles (sacrifiées délibérément sur l'autel du Djihad). 2. Le Hamas considere la guerre de Gaza comme le "second round" de la guerre menée par le Hezbollah contre Israël en 2006. De son point de vue, aucune différence théologique ou politique ne le sépare du mouvement chiite libanais et de leur patron conjoint, l'Iran.
Dernier point : cette lettre n'est pas mentionnée (aujourd'hui dimanche) par les médias occidentaux, qui préferent gloser sur la lettre d'Ismail Haniya à Obama, preuve d'ouverture du Hamas selon certains observateurs... Paul LANDAU
Ismail Haniya's letter to Iran
Sat, 31 Jan 2009 19:26:52 GMT
The following is Hamas leader Ismail Haniya's letter to the Leader of the Islamic Revolution Ayatollah Seyyed Ali Khamenei in which he appreciates Iran's support for the people of Palestine.
In the Name of God the Compassionate and the Merciful
To the Leader of the Islamic Revolution Ayatollah Seyyed Ali Khamenei
"Peace be unto you and so may the mercy of Allah and His blessings"
It is with great honor that I extend the appreciation of the government and the nation of Palestine as well as the wounded but victorious Gaza to your Excellency for your courageous and exceptional stance which indicated the wisdom of Islamic Iran's leadership and the compassion of the Iranian nation.
Your words and messages before the offensive against Gaza and during the difficult days of war breathed the spirit of resistance, dignity and pride into the people of Gaza and its resistance fighters, encouraging them to stand firm against the enemy.
Under your guidance, the Islamic Republic of Iran played an active role in issues such as the Doha Summit on Gaza. These efforts came to the aid of the defenseless people of Palestine and brought them new hope.
With its all-out support, Iran has helped the people of Palestine on the path of resistance. The victory of Gazans in the recent war, is in fact, the second victory for the Islamic resistance, the first being that of the 2006 war on southern Lebanon. May God bless you and the Iranian nation for your efforts and for your support.
The Iranian nation, in light of your leadership, has made every effort to come to the aid of Palestinians. These efforts make us proud and we are grateful for them.
The people of Palestine and especially Gazans are now in dire need of political and non-political as well as popular support in order to reconstruct Gaza.
The Palestinian nation desires a life of freedom and dignity, a life free of occupation and blockades. In order for us to achieve this, aside from divine assistance, the continuing support of your Excellency and the Iranian nation is required to enable us to stand against the US and the criminal Zionist regime.
Once again, I would like to extend the Palestinian nation's and my own appreciation to your Excellency and the nation of Iran.
Your brother Ismail Haniya,
Prime Minister
SF/SME/HGH
21:26 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hamas, iran
23.01.2009
Ces Européens djihadistes
Convertis. D'origine chrétienne, ils se rallient à l’islam radical, certains comme kamikazes. Entretien avec le chercheur Paul Landau
Ils s'appellent David ou Muriel. Nés dans des familles catholiques ou protestantes, ils ont basculé dans l'islam radical. Dans Pour Allah jusqu'à la mort, Paul Landau analyse l'engouement de ces jeunes Occidentaux pour l'islam fondamentaliste.
Valeurs actuelles, 23 janvier 2009, propos recueillis par EMMANUEL RAZAVI
Existe-t-il un profil type du chrétien converti à l’islam radical ?
Non, il y a certes des traits communs à plusieurs des cas que je décris, mais ils ne sont pas suffisamment spécifiques pour définir un véritable « profil ». Ainsi, beaucoup de ces jeunes Occidentaux convertis sont passés par la drogue, ce qui est relativement banal. Sociologiquement, leurs familles sont assez modestes dans le cas des convertis français et belges (Lionel Dumont, Muriel Degauque), alors que les convertis allemands et américains sont quant à eux issus de la « bourgeoisie libérale », ce qui montre qu’il n’y a pas de déterminisme social.
Quel est leur parcours ?
Beaucoup se sont convertis très jeunes : Adam Gadahn, le porte-parole américain d’Al-Qaida, est devenu musulman à 17 ans. Certains ont découvert l’islam lors de voyages à l’étranger, d’autres au contact de camarades de classe ou de collègues de travail musulmans, d’autres encore sur Internet…
Leurs motivations ?
Les motivations sont variées, et parfois mystérieuses. Je décris ce processus par le concept de « double conversion » : la première phase est la conversion à l’islam, phénomène devenu courant en Occident. La deuxième est la radicalisation et la transformation en « djihadiste » : elle est généralement la conséquence de la rencontre avec des militants islamistes radicaux.
Combien y a-t-il de convertis en France et en Europe ?
Le nombre des convertis à l’islam radical est difficile à évaluer, tout comme celui des convertis en général. On estime qu’il y aurait plusieurs centaines de convertis à l’islam radical en France, voire quelques milliers. Une chose est certaine : ce phénomène est en expansion, surtout depuis le 11 septembre, qui a galvanisé les esprits et accéléré le rythme des conversions en Occident.
Comment et où ils sont recrutés ?
En France, les prisons sont un des hauts lieux de prosélytisme, mais loin d’être le seul… Beaucoup des convertis que je décris ont été radicalisés dans certaines mosquées, mais aussi sur des forums sur le Web. Presque tous sont passés par des camps d’entraînement d’Al-Qaida, en Afghanistan mais aussi en Syrie.
Vous faites allusion à la région toulousaine. Existerait-il un islamisme rural ?
Oui, c’est une évolution récente que je décris : l’extension de l’islam radical, implanté traditionnellement dans les grandes métropoles européennes, en direction des zones rurales. Le cas le plus connu est celui de la filière de recrutement de djihadistes irakiens, implantée dans la région toulousaine, autour d’une « communauté » de convertis vivant en quasi-autarcie dans un village de l’Ariège.

Comment les services de renseignement occidentaux affrontent-ils ce phénomène ?
La difficulté est de tenter de repérer les convertis à l’islam radical avant qu’ils ne passent à l’action. Il faut surveiller certains lieux stratégiques (mosquées, forums Internet…), mais cela ne suffit pas. Une erreur souvent commise dans plusieurs pays occidentaux est de se montrer laxistes avec l’islamisme politique, en se focalisant exclusivement sur l’islamisme djihadiste de type « salafiste ». J’en veux pour preuve l’attitude française à l’égard du Hamas, qui collecte librement des fonds sur le territoire français, et dont le drapeau flottait récemment sur une mosquée en construction à Mulhouse…
A vous lire, l’Afghanistan est le pays de tous les dangers, où des convertis partent s'entraîner au djihad...
C’est un risque majeur. Aucun pays occidental n’est à l’abri de la menace que représentent les convertis à l’islam radical. Il est probable que nous allons voir se multiplier les tentatives d’attentats commises par des convertis, comme cela a été le cas récemment en Angleterre.
Pour Allah jusqu'à la mort, de Paul Landau, Editions du Rocher, 298 pages, 19 euros.
14:59 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : convertis, islam radical, al-qaida
13.01.2009
Guerre de Gaza : le mot défaite n’existe pas dans le vocabulaire du Hamas
Pourquoi le Hamas adopte-t-il une attitude jusqu'au boutiste et apparemment suicidaire, faisant tuer des centaines de civils, au lieu de conclure un cessez-le-feu avec l'ennemi? La réponse se trouve dans son idéologie islamiste et sa conception de la guerre et du monde. Interview au site Israel Valley
INTERVIEW DE MATI BEN AVRAHAM WWW.ISRAELVALLEY.COM
PAUL LANDAU, SPECIALISTE DES MOUVEMENTS ISLAMISTES : ” les dirigeants du Hamas n’ont nullement l’intention de négocier avec Israël, ni même de reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’entité souveraine. ”
Par Mati Ben-Avraham
Harakat al-muqâwama al-islâmiya, soit ” mouvement de résistance islamique”, en acronyme partiel ” Hamas”. Un acronyme qui renvoie au même mot en arabe, signifiant ardeur, zèle. Un chercheur du CNRS, François Burgat, alors en poste au Caire, m’a dit, voici 15 ans : ” La vocation première du Hamas est la prise du pouvoir. S’il s’est tourné vers la lutte armée contre Israël, sa deuxième priorité, c’est simplement parce que l’OLP n’a pas réussi, pour l’heure du moins, à créer un Etat. ” Un propos qui éclaire le comportement du Hamas vis-à-vis du Fatah et de ses dirigeants en général, et depuis 2006, en particulier.
Paul Landau est chercheur, écrivain. Il vient de publier, aux Editions du Rocher à Paris, ” Pour Allah, jusqu’à la mort”. Son précédent ouvrage, aux mêmes Editions, s’intitulait ” Le sabre et le Coran”.
Mati Ben-Avraham : Vous avez souvent lancé des mises en garde contre les analyses qui voient dans le Hamas un clone du Fatah, dont il ne différerait que par le port de la barbe et l’habit. Qu’il suffirait donc d’attendre que, coltiné à la gestion du quotidien, il mette de l’eau dans son vin – si cette métaphore est permise, pour devenir un voisin fréquentable. Qu’est-ce qui cloche ?
Paul Landau : C’est le discours que l’on a entendu il y a trois ans, lorsque le Hamas avait remporté les élections. Je me souviens, en particulier, d’un titre dans l’un des grands quotidiens français : le Hamas, des armes aux urnes ! Il y avait là une volonté de croire, et de faire croire que le Hamas allait ranger ses armes et devenir un mouvement politique respectable, avec lequel Israël allait devoir négocier pour parvenir à un compromis. C’est une opinion qui a encore cours, même en Israël où des voix se sont élevées pour réclamer la fin des bombardements sur Gaza au motif que de toute façon, il va falloir négocier avec le Hamas. Alors, c’est un discours généreux, mais totalement illusoire car les dirigeants du Hamas n’ont nullement l’intention de négocier avec Israël, ni même de reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’entité souveraine. Du point de vue de ce mouvement, il y a l’entité sioniste illégitime et il y a la terre de Palestine qui est une concession musulmane, non négociable. Il n’y a donc aucune possibilité de s’entendre. Aucun dirigeant du Hamas, on le voit encore aujourd’hui, n’envisage une quelconque entente avec Israël, sinon une trêve à durée limitée, comme celle que nous venons de vivre, que la partie musulmane peut rompre à son gré.
MBA : Vous dites que l’eschatologie tient une place essentielle dans l’économie religieuse, et politique, du Hamas…
Paul Landau : C’est vrai. C’est un aspect fondamental, mais très peu connu, chez nous. Le Hamas ne se situe pas dans un horizon politique à court, ou moyen terme. Il se place dans une perspective eschatologique, de ce qu’il appelle le Jour dernier. Dans la Charte du Hamas, qui rejoint l’idéologie des Frères musulmans en général, il est écrit, je cite de mémoire : ” Quand le Jour dernier viendra, alors notre combat contre les juifs s’achèvera dans la victoire, parce que Allah le veut.” Cette conviction est profondément ancrée dans l’idéologie du Hamas et dans la perception qu’il a du conflit. C’est pour cela d’ailleurs que les dirigeants et les miliciens du mouvement ont du mal à se déclarer vaincus. D’ailleurs le mot défaite n’existe pas dans le vocabulaire du Hamas, ni dans celui du Hezbollah. Il faut le savoir : dans leur idéologie, même s’ils encaissent des coups très durs, dans la perspective du Jour dernier, ils seront gagnants. C’est une conviction très très puissante, et qui explique leur jusqu’au-boutisme.
MBA : Avec 439 occurrences, le thème de la résurrection occupe la 2ème place, après Allah, dans le Coran. Cela peut-il expliquer l’absence de toute sensibilité chez les intégristes vis-à-vis de la vie, la leur et celle de leurs coreligionnaires?
Paul Landau : Absolument. Dans cette vision du monde – qui ne nous est pas tout à fait étrangère à la tradition juive qui développe une eschatologie propre, mais où la vie est sanctifiée et c’est une différence énorme – mais dans la vision salafiste, ce qui importe c’est de gagner l’au-delà et la Charte du Hamas le dit clairement : notre seule voie c’est le Jihad, et il faut mourir dans les sentiers d’Allah. L’invocation du martyr joue un rôle fondamental dans la stratégie du Hamas. Les attentats suicides relèvent de cette logique. Et on le voit dans la manière dont cette guerre est menée, qui n’hésite pas à placer les civils en première ligne. Il y a là un mépris manifeste de la vie humaine, en tant que valeur. C’est ce qui fausse d’ailleurs le regard des occidentaux qui, comparant le nombre des morts côté palestinien et côté israélien, jugent disproportionnée la réplique israélienne. Alors que la raison est ailleurs, dans la perception de la vie.
MBA : J’entends bien, mais comment expliquer la passivité de la population, qui n’est pas toute acquise au Hamas, loin s’en faut. Alors certes, la sourate IV, verset 59 enjoint, je cite : ” O vous qui croyez! Obéissez à Dieu, obéissez à l’envoyé de Dieu et à ceux parmi vous qui détiennent le pouvoir.” Mais tout-de-même!
Paul Landau : La question est complexe. C’est vrai qu’il n’y a pas dans l’Islam une tradition démocratique, ni même une tradition de libre arbitre. Ce sont là des concepts occidentaux qui n’ont aucune prise dans l’Islam classique. Il y a aussi ce sens du fatalisme, l’idée qu’il faut se soumettre à Dieu, c’est le sens du mot “islam”. Et bien entendu se soumettre au pouvoir politique. Maintenant, il faut tempérer cette réflexion. C’est quand même la population qui a amené le Hamas au pouvoir. Est-ce que cela veut dire qu’aujourd’hui, elle accepte le jusqu’au-boutisme de ce mouvement, non! Sans doute pas ! Même si ce n’est pas démontré avec certitude. Pour ma part, je pense cependant qu’il est impossible d’exonérer totalement la population civile de la bande de Gaza de la responsabilité quant à la tragédie qu’elle vit en ce moment.
MBA : Le Hamas est un mouvement fondamentaliste, intégriste, mais sunnite. Or, le voici pratiquement au service d’une idéologie autre, chiite. Alliance circonstancielle?
Paul Landau : Là encore, j’y vois des schémas un peu trop simplistes quant à notre vision des choses. Evidemment qu’il y a des oppositions entre Islam sunnite et islam chiite. Mais il y a aussi beaucoup de choses qui les rapprochent. De ce point de vue, la guerre aujourd’hui contre le Hamas est le second versant de la guerre menée il y a deux ans contre le Hezbollah. C’est le même ennemi, même si l’un est chiite et l’autre sunnite. C’est la même idéologie à de nombreux égards. Et ce n’est pas non plus le fait du hasard s’ils ont le même patron, qui est l’Iran. Du point de vue des dirigeants du Hamas, ils n’ont aucun problème, au plan théologique, à accepter l’assistance de l’Iran. Non seulement son argent, ses armes, mais aussi ses directives. Ce qui montre bien que l’opposition entre l’Islam chiite et l’Islam sunnite n’est pas la clé pour comprendre les problèmes de l’Islam contemporain. A mon sens, cela brouille plutôt les choses qu’il ne les éclaire.
MBA : Peut-on parler, par contre, d’un réel clivage entre musulmans pragmatiques et extrémismes?
Paul Landau : Oui et nous avons là une preuve que les divergences ne sont plus entre vision chiite et vision sunnite, l’une extrême, l’autre modérée. Le vrai clivage est entre les pays musulmans qui prônent la guerre à outrance avec Israël et les pays entre guillemets modérés qui se rangent dans le camp occidental. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont des amis d’Israël, mais qui, du moins dans cette guerre-ci, n’éprouvent pas beaucoup de chagrin à voir un mouvement islamiste radical encaisser des coups très durs.
MBA : Un dernier point. Pensez-vous possible l’émergence d’une politique affranchie de la religion ? Non une sortie de la croyance, mais de la religion en tant qu’infrastructure, comme dictant les actes de l’individu au quotidien ?
Paul Landau : Je ne dirai pas que la possibilité n’existe pas. Il y a quelques signes, mais très minimes d’une telle évolution, au sein des populations musulmanes en Occident. Mais il existe un mouvement inverse, à savoir une emprise de plus en plus sensible des Frères musulmans sur ces mêmes communautés musulmanes. Il y a donc confrontation. Et de ce point de vue, je crois que l’Europe et l’Occident en général sont l’un des principaux champs de bataille où se joue l’avenir de l’Islam. L’idéologie des Frères musulmans est totalisante. Pour eux, l’Islam a pour vocation de régir tous les aspects du vivant. La Charte du Hamas ne dit pas autre chose. Ce qui explique que ce mouvement ne réagit pas comme un parti politique classique. Pour lui, l’Islam est l’alpha et l’oméga de sa vision du monde. Alors, une véritable réforme de l’Islam peut-elle surgir des communautés implantées en Occident ? Rien de moins sûr pour le moment, mais ce qui ne veut pas dire qu’une évolution, à long terme, est impossible.
(C) ISRAEL VALLEY
19:48 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : hamas, islamisme, eschatologie
02.01.2009
Que veut le Hamas ?
Analyse et commentaire de la Charte du Hamas,
par Paul Landau *
Pour pouvoir apprécier les enjeux de la guerre entre Israël et le Hamas, il est impératif de comprendre ce que veut l'organisation islamiste palestinienne, qui demeure mal connue du public occidental. Dans cet article, j'analyse la Charte du Hamas, document fondamental qui définit sa vision du monde, ses objectifs et sa stratégie.
Depuis sa victoire aux élections de janvier 2006, et plus encore depuis l'offensive lancée par Israël à Gaza, le Hamas est mentionné quotidiennement par les médias internationaux. Mais il demeure à de nombreux égards un mystère pour l'observateur occidental. Comment concilier sa dimension politique et son recours au terrorisme ? Le Hamas peut-il renoncer définitivement à la violence et devenir un partenaire de négociation ? Pour répondre à ces questions cruciales, il est important d'en revenir aux fondements, et notamment à sa charte. La charte du Hamas, rendue publique le 18 août 1988, et demeurée en vigueur jusqu'à aujourd'hui, exprime l'idéologie, la conception du monde et les objectifs du Hamas. Il s'agit, comme nous allons le voir, d'un document à contenu politico-religieux plus que juridique ou organisationnel, qui éclaire la nature profonde et la filiation idéologique du mouvement islamiste palestinien ¹.
I - Préambule et introduction
Le préambule de la charte est constitué d'extraits du Coran et de citations de théoriciens islamistes. Il s'ouvre par les versets de la troisième Sourate du Coran (La famille d'Imran) : "Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et vous croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux. Il y en a qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des pervers. Ils ne sauront jamais vous causer de grand mal, seulement une nuisance (par la langue) ; et s'ils vous combattent, ils vous tourneront le dos, et ils n'auront alors point de secours".
De prime abord, la charte du Hamas se place ainsi sur le terrain religieux, en opposant les musulmans, qualifiés par le verset de "meilleure communauté", aux "gens du Livre" (désignation traditionnelle des Juifs et des chrétiens dans le Coran), qui sont pour la plupart des "pervers"... "Où qu'ils se trouvent, ils sont frappés d'avilissement, à moins d'un secours providentiel d'Allah ou d'un pacte conclu avec les hommes. Ils ont encouru la colère d'Allah, et les voilà frappés de malheur, pour n'avoir pas cru aux signes d'Allah et injustement assassiné les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé".
Mais les deux citations suivantes ajoutent une dimension beaucoup plus politique, en définissant l'objectif stratégique fondamental du Hamas : la destruction d'Israël. "Israël s'élèvera et restera en place jusqu'à ce que l'Islam l'élimine, comme il a éliminé ses prédécesseurs". Cette phrase est une citation du fondateur de l'organisation des Frères musulmans, Hassan al-Banna. Nous verrons plus loin comment la charte définit le Hamas par rapport aux Frères musulmans. Hassan al-Banna est souvent invoqué par le Hamas, et son portrait figure sur de nombreux posters et affiches, aux côtés de ceux des fondateurs du mouvement, le cheikh Yassine et Abdelaziz Rantissi (tous deux liquidés par Israël en 2004).
"Le monde islamique est en flammes. Il incombe à chacun d'entre nous de verser de l'eau, même très peu, afin d'éteindre autant de feu qu'il lui est possible, sans attendre que les autres agissent". Cette seconde citation émane du cheikh sunnite irakien Anjad al-Zahawi, membre des Frères musulmans. Elle exprime l'idée de l'urgence d'agir pour sauver le monde islamique, et également la conception, souvent développée par les islamistes, qu'il faut agir "sans attendre que les autres agissent", c'est-à-dire sans espérer parvenir à un consensus au sein du monde musulman.
L'Introduction de la Charte du Hamas précise encore les idées abordées dans le préambule, et notamment l'importance cardinale de la lutte contre les Juifs. "Ceci est la charte de la résistance islamique (Hamas). Elle révèlera son vrai visage, dévoilera son identité, définira ses positions, précisera ses objectifs, discutera de ses espérances, appellera au soutien de sa cause et à son renforcement, et à ce que les hommes rejoignent ses rangs".
"Car notre combat contre les Juifs ² est extrêmement étendu et sérieux, à un tel point que tous nos loyaux efforts seront nécessaires, et que ceux-ci devront être suivis par d'autres mesures et renforcés par de nouveaux bataillons issus du riche monde arabe et islamique, jusqu'à ce que nos ennemis soient vaincus et que la victoire d'Allah soit établie".
En faisant du "combat contre les Juifs" la priorité du mouvement, la charte du Hamas s'inscrit dans la filiation idéologique et politique des Frères musulmans, dont l'antisémitisme virulent est un mélange d'antijudaïsme musulman traditionnel (que l'on retrouve dans certaines Sourates du Coran) et d'antisémitisme européen, fondé sur la théorie de la "conspiration juive". Nous verrons plus loin comment la charte du Hamas reprend à son compte les thèmes antijuifs - et notamment celui de la conspiration - qui ont été développés et popularisés dans le monde arabo-musulman par le théoricien des Frères musulmans, Sayyid Qutb ³.
II - Définition et objectifs du Hamas
Les deux premiers chapitres de la Charte (Articles 1 à 10) définissent l'identité du mouvement et ses objectifs. L'article 1 expose les "origines idéologiques" du mouvement, de manière très synthétique : "Le fondement du Mouvement de la Résistance islamique est l'islam. C'est de l'islam qu'il tire ses idées, ses préceptes et conceptions fondamentales concernant la vie, l'univers et l'humanité ; et il juge toutes ses actions à l'aune de l'islam et s'inspire de l'islam pour corriger ses erreurs".
Cet article rappelle le slogan célèbre de Hassan al-Banna, "le Coran est notre constitution", devenu la devise des Frères musulmans. L'article 2 définit le Hamas comme étant "l'une des ailes des Frères musulmans en Palestine". Les Frères musulmans sont eux-mêmes qualifiés de "mouvement universel qui constitue le plus grand mouvement islamique à l'époque contemporaine". Ce mouvement se caractérise par "une profonde compréhension et une adoption totale de tous les concepts islamiques dans tous les domaines de la vie : culture, croyance, politique, économie, éducation, société, justice et droit, enseignement, communication et art, le visible et l'invisible, et tous les autres domaines de l'existence".
La charte du Hamas fait ainsi sienne la conception particulière de l'islam qui est celle des Frères musulmans. Selon cette conception, partagée par les principales branches de l'islamisme contemporain, l'islam a vocation à régir tous les domaines de l'existence, en abolissant toute distinction entre vie privée et vie publique, les croyances et les sciences, la religion et la politique. Cette conception totalitaire de l'islam a été clairement revendiquée par plusieurs théoriciens des Frères musulmans, et notamment par al-Banna et par son gendre, Said Ramadan, qui a implanté l'organisation des Frères musulmans en Europe. Dans sa thèse de doctorat en droit, soutenue à Cologne à la fin des années cinquante, Ramadan affirme ainsi que "toutes les idées religieuses qui modèlent l'imaginaire et le contenu de l'esprit humain... sont totalitaires potentiellement ou par leur principe. Elles doivent chercher à imposer leurs propres valeurs et leurs propres règles à toutes les activités et toutes les institutions sociales, des écoles primaires à la loi et au gouvernement 4".
L'Article 5 de la Charte précise cette conception totalitaire de l'islam, en faisant référence aux "Pieux ancêtres" (al-Salaf al-Salih), concept de base de la doctrine islamiste "salafiste"... De ce point de vue, le Hamas est bien un mouvement salafiste, tout comme la mouvance Al-Qaida, à laquelle on l'oppose parfois. Le mouvement de la résistance islamique, ajoute l'article 5, a "Dieu pour objectif, le Prophète pour modèle et le Coran pour constitution". Mais cette définition islamiste-salafiste est tempérée par l'article 6, qui affirme le caractère "palestinien" spécifique du mouvement, qui "aspire à élever l'étendard d'Allah sur chaque parcelle de la Palestine"... Cette double référence - islamiste-salafiste et palestinienne - a fait dire à certains analystes que le Hamas était un mouvement "islamo-nationaliste", qui faisait passer ses objectifs nationaux avant ceux du jihad global, à la différence des mouvances islamistes internationalistes.
La dimension universelle (ou globale) du Hamas est toutefois affirmée par l'article 7, qui semble prendre le contrepied de l'article précédent. "Grâce au fait que les Musulmans qui ont fait leur la cause du Hamas et aspirent à sa victoire, pour le renforcement de ses positions et pour l'encouragement de son jihad, sont répartis sur l'ensemble du globe, le Mouvement est universel...". Cette contradiction apparente peut s'expliquer par le fait que le Hamas a pour objectif la "libération" de la Palestine et l'instauration d'un Etat islamique à la place d'Israël, mais qu'il se considère en même temps comme un élément du mouvement islamiste (et de l'organisation des Frères musulmans) et du jihad mondial. Cet "universalisme" se traduit concrètement par l'appel lancé par le Hamas à tous les musulmans du monde, pour qu'ils participent - notamment financièrement - à son combat (par le biais des associations de collecte du Hamas en Europe, et notamment en France – le CBSP).
"Le Mouvement de la Résistance islamique", poursuit l'article 7, "est un des maillons de la chaîne du jihad contre l'invasion sioniste. Il est étroitement lié au soulèvement du martyr Izz al-Din al-Qassam et de ses frères combattants du jihad, les Frères musulmans, en 1936. Cette chaîne se poursuit avec un autre maillon du jihad palestinien, celui du jihad et des efforts du mouvement des Frères musulmans dans la guerre de 1948, ainsi que les opérations de jihad des Frères musulmans en 1968 et après". Cette conception de la "chaîne du jihad" qui relie le Hamas à la guerre de 1948, et à la "révolte arabe" de 1936, vise à inscrire le mouvement dans une double filiation historique : la filiation islamiste des Frères musulmans (qui ont effectivement joué un rôle - modeste mais réel - dans la guerre israélo-arabe de 1948) et la filiation proprement palestinienne, avec l'épisode d'Izz al-Din al-Qassam, qui constitue une référence centrale dans le narratif et dans l'écriture de l'histoire propres au Hamas.
Dans la suite du même article, la charte cite un hadith (parole du Prophète) très connu et souvent invoqué dans le discours islamiste : "Le Prophète, que la prière et la paix soient sur Lui, a dit : Le Temps ne viendra pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et les tuent ; jusqu'à ce que les Juifs se cachent derrière des rochers et des arbres, et ceux-ci appelleront : Ô Musulman, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens et tue-le !" La guerre contre les Juifs constitue ainsi pour le Hamas un impératif qui s'inscrit dans une vision eschatologique, et pas seulement politique, ce qui rappelle à certains égards les conceptions hitlériennes de l'affrontement quasi-métaphysique entre l'Allemagne et les Juifs... On ne saurait assez insister sur l'antisémitisme virulent qui est consubstantiel à la vision du monde du Hamas, et que les observateurs occidentaux passent trop souvent sous silence, ou dont ils minimisent les conséquences 5.
L'article 8 répète le slogan déjà cité à l'article 5 : "Devise du Mouvement de la résistance islamique : Allah est son objectif, le Prophète est son modèle, le Coran est sa Constitution", en lui ajoutant un élément important : "le jihad est sa voie et la mort pour Allah est son souhait le plus cher". Cet ajout significatif exprime en réalité la spécificité du Hamas par rapport aux Frères musulmans. Ceux-ci ont en effet toujours cultivé le goût du secret et dissimulé leur recours à la violence et au terrorisme, alors que le Hamas ne fait quant à lui pas mystère de ses intentions. En affirmant que la "mort pour Allah est son souhait le plus cher", la charte du Hamas lance ainsi un appel sans équivoque au martyre et au sacrifice, désignés par l'expression traditionnelle de "mort sur le chemin de Dieu" (fil-sabil Allah). L'expression "mort pour Allah" servira notamment à désigner les terroristes "kamikazes" du Hamas, qui se font exploser dans les autobus, les cafés et les restaurants et autres lieux publics en Israël.
III - Objectifs et stratégie du Hamas
Les chapitres 2 et 3 de la charte sont consacrés respectivement aux objectifs et à la stratégie du mouvement islamiste. L'article 9 définit l'objectif du Hamas comme étant principalement celui de réislamiser la société, dans le droit fil des conceptions des Frères musulmans. "Le Mouvement de la Résistance islamique est né dans une période où l'Islam était absent de la vie quotidienne. En conséquence, les balances étaient faussées, les idées confuses, les valeurs modifiées et les méchants avaient pris le pouvoir". Bien que l'identité des "méchants" en question ne soit pas précisée, le contexte laisse entendre qu'il s'agit des dirigeants politiques palestiniens, majoritairement liés au Fatah et à l'OLP, à l'époque de la création du Hamas.
"Quant aux objectifs [du Hamas], ils sont : une lutte à mort contre le mensonge, afin de le vaincre et de le détruire pour que la vérité triomphe, que les terres soient rendues [à leurs propriétaires légitimes] et que l'appel du muezzin puisse être entendu du haut des minarets, annonçant le rétablissement d'un Etat islamique".
Cet exposé situe clairement l'objectif essentiel du Hamas comme étant l'instauration d'un Etat islamique et l'islamisation de la société. L'article 10 précise cet objectif en lui donnant une coloration sociale : "le Mouvement de la Résistance islamique soutient tous les opprimés et protège tous ceux qui sont traités injustement. Il n'épargne aucun effort pour instaurer la justice et chasser le mensonge...". Il est important de remarquer que les objectifs du Hamas sont ainsi définis dans des termes très généraux et sans aucune distinction entre court et long terme, ni entre les domaines politique, religieux et social.
C'est le chapitre 3 de la Charte qui contient les points essentiels de son programme politique et qui aborde les éléments les plus importants de sa vision du monde. L'article 11 renferme le cœur de la conception islamiste du conflit israélo-arabe : "le Mouvement de la Résistance islamique croit que la terre de Palestine constitue un waqf [une fondation islamique] qui appartient à tous les Musulmans jusqu'au Jour de la Résurrection. Il est interdit d'y renoncer, en totalité ou en partie, ou de la céder, en totalité ou en partie. Elle n'appartient à aucun pays arabe, ni même à l'ensemble des pays arabes, ni à aucun roi ou président, ou organisation, palestinienne ou arabe, parce que la Palestine constitue une terre islamique sacrée de waqf et appartient aux Musulmans jusqu'au Jour de la Résurrection".
La formule répétée à deux reprises – " waqf qui appartient aux Musulmans jusqu'au Jour de la Résurrection" – montre bien que le combat du Hamas s'inscrit dans un horizon eschatologique et apocalyptique, qui n'est pas celui de la politique à moyen ou long terme. Le Hamas, comme les autres mouvements islamistes contemporains, poursuit des objectifs politico-religieux qui sont indissociables de sa vision du monde globale, et qui ne peuvent faire l'objet d'aucun compromis ou temporisation. A cet égard, il ressemble aux mouvements politiques apocalyptiques occidentaux, et surtout au nazisme, qui aspirait lui aussi à créer un "Reich de mille ans".
Conclusion
Le Hamas, tel qu'il apparaît à travers l'analyse de sa Charte, est donc un mouvement islamiste salafiste apocalyptique, dont la vision du monde est très semblable à celle des autres mouvances islamistes contemporaines, du Hezbollah à Al-Qaida. Le "combat contre les Juifs" (et contre Israël) revêt à ses yeux une importance cardinale, s'inscrivant dans un antisémitisme virulent fondé sur la théorie du complot, sur une hostilité aux Juifs quasi-métaphysique de type nazi, et sur une vision eschatologique qui dépasse de loin les considérations politiques et stratégiques à court terme. Tout espoir de parvenir à un accord politique ou de conclure un cessez-le-feu avec le Hamas contredit donc les croyances fondamentales des acteurs du mouvement islamiste palestinien.
Notes
1. Il n'existe pas de traduction officielle de la Charte du Hamas, ni en anglais, ni en français. Plusieurs versions en français disponibles sur Internet sont inexactes et comportent des erreurs grossières de traduction.
2. C'est moi qui souligne. "Notre combat contre les Juifs" (Ma'rakatuna Ma'a al-Yahud) est le titre d'un ouvrage fameux de Said Qutb, écrit au début des années 1950, qui constitue en quelque sorte le Mein Kampf du mouvement islamiste.
3. Sur Qutb et son livre "Notre combat contre les Juifs", voir l'analyse détaillée de Ronald Nettler, Past Trials and Present Tribulations, a Muslim Fundamentalist's View of the Jews, Pergamon Press 1987. Je me permets de renvoyer aussi à mon livre Le Sabre et le Coran, chapitre 2, éditions du Rocher 2005.
4. Said Ramadan, Islamic Law, its Scope and Equity, Londres 1951.
5. Ainsi Gilles Kepel explique que la charte "reprend tous les clichés de l'antisémitisme du vingtième siècle", mais relativise cette constatation en affirmant que son contenu est "déclamatoire plus qu'opérationnel"... (Jihad, Gallimard 2003, note 62 p. 628).
* Paul Landau, écrivain et chercheur, vient de publier Pour Allah jusqu'à la mort, Enquête sur les convertis à l'islam radical (Editions du Rocher).
14:17 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : hamas, islamisme, apocalyptisme musulman
29.12.2008
1987-2007 : Le Hamas, un mouvement islamiste apocalyptique
Je republie cet article paru il y a un an, qui permet de mieux comprendre les enjeux de la guerre actuelle entre Israel et le Hamas.

L'erreur la plus répandue lorsque l'on parle des mouvements islamistes contemporains, et notamment du Hamas, consiste à les envisager à l’aide des concepts et des manières de penser propres à l'Occident. La plupart des analyses occidentales du phénomène islamiste ont souvent tendance à sous-estimer, voire à occulter un aspect fondamental, que l'on retrouve dans toutes les différentes mouvances et organisations islamistes : celui des croyances religieuses musulmanes, et plus précisément de l'eschatologie musulmane.
C'est ainsi qu'un islamologue français réputé, auteur d'ouvrages importants sur l'islamisme contemporain, peut expliquer la révolution islamique iranienne de 1979 par "l'alliance de la bourgeoisie pieuse et de la jeunesse urbaine pauvre ", et que de nombreux journalistes continuent à décrire les auteurs - palestiniens et autres - des attentats-suicides comme des "désespérés" et des laissés pour compte, alors même que toutes les recherches entreprises sur le sujet démontrent que cette grille de lecture sociologique ou marxisante ne correspond pas à la réalité.
Il est impossible de comprendre les succès remportés par le Hamas, depuis les élections palestiniennes il y a presque deux ans, et la persistance de l'islamisme - dont de nombreux observateurs occidentaux annoncent régulièrement l'essoufflement ou même la prochaine disparition - si l'on fait abstraction des croyances des acteurs des mouvements islamistes ou si l'on en diminue l'importance, en les considérant comme des balivernes moyenâgeuses dénuées de signification concrète.

Il faut écouter ce que disent les islamistes et accorder du poids à leur discours, si l'on veut tenter de comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Il est significatif à cet égard de constater que les médias occidentaux, qui parlent régulièrement des événements du Proche-Orient et de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, ne mentionnent presque jamais la Charte du mouvement islamiste.
Que veut le Hamas?
Une analyse courante du mouvement islamiste palestinien consiste à en faire un clone du Fatah, dont il ne diffèrerait que par l'habillage religieux donné à son combat contre Israël. Selon cette conception, répandue dans les chancelleries occidentales, il suffirait d'attendre patiemment pour que le Hamas modère ses ambitions et accepte d'entrer dans le jeu des négociations afin de parvenir à une coexistence avec Israël.
Le préambule de la Charte du Hamas affirme pourtant de manière claire la centralité du "combat contre les Juifs", qui doit être mené "jusqu'à ce que [les] ennemis soient vaincus et que la victoire d'Allah soit établie". Pour saisir la conception de l'islam qui est celle du Hamas, il faut accepter de mettre de côté l’idée occidentale de la religion, conçue comme une sphère bien délimitée de l'existence. L'histoire de l'Occident chrétien est en effet celle d'une relégation toujours plus poussée de la part du religieux dans l'existence. C'est pourquoi il est difficile pour un occidental de se représenter la manière dont un Musulman non occidentalisé peut concevoir l'islam.
L'eschatologie, au coeur du conflit entre l'islam et l'Occident
Un des aspects essentiels - et méconnus - de l'islamisme contemporain est celui des croyances eschatologiques. La dimension eschatologique de l'islam à souvent été minimisée, parfois pour des raisons polémiques, le christianisme se présentant comme la seule religion tournée vers l'au-delà, en rejetant l'islam dans le domaine des seules préoccupations terrestres.
Cette dimension oubliée est fondamentale dans la résurgence actuelle d'un islam conquérant, car elle traverse tous les clivages du monde musulman - entre sunnisme et chiisme, entre islam traditionnel et islamisme contemporain - et permet de comprendre de très nombreux aspects du réveil de l'islam.
Comme l'explique un historien français , "l'eschatologie représente un des traits fondamentaux de la religion musulmane. L'imminence de la fin des temps et du Jugement dernier est l'un des thèmes coraniques les plus anciens et les plus constants, qui parcourt l'ensemble du texte sacré de l'islam". Mohammed étant le dernier prophète (le "sceau de la prophétie"), sa venue inaugure la dernière période de l'histoire universelle, c'est-à-dire la période eschatologique.

Dans son recueil de Hadith intitulé "Les grands signes de la fin du monde depuis la mission du prophète jusqu'au retour de Jésus", Abdallah al-Hajjaj cite une parole du prophète, affirmant en levant sa main que sa mission et l'Heure dernière étaient rapprochées comme son majeur de son index. Cette croyance à l'imminence de la fin des temps est un aspect fondamental du réveil de l'islam dans le monde actuel, sous ses formes pacifiques et guerrières.
L'islam chiite est parfois présenté comme étant le seul à accorder une importance aux considérations eschatologiques. Il est vrai que le thème du retour de l'Imam caché, élément central des croyances de l'islam chiite, se prête facilement aux interprétations eschatologiques. Depuis la révolution islamique iranienne, en 1979, les aspirations eschatologiques occupent le devant de la scène au sein du monde musulman chiite. La croyance en l'imminence du Jugement dernier permet d'expliquer tant les comportements suicidaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980, lors de la guerre Iran-Irak, que l’attitude actuelle du dirigeant iranien Ahmadinejad.
La dimension eschatologique du mouvement islamiste sunnite
Mais l'eschatologie est tout autant présente dans l'islam sunnite, et elle joue un rôle central dans le développement des mouvements islamistes sunnites. Toutes les composantes de la mouvance islamiste contemporaine, depuis les Frères musulmans jusqu'au Hamas et à la nébuleuse Al-Qaida, partagent en effet l'espoir de voir le Califat islamique reconstitué et considèrent le "renouveau de l'islam" comme le signe manifeste de la véracité des prophéties concernant la victoire finale de l'islam et sa propagation dans le monde entier.
On peut citer à titre d'exemple cette fatwa du cheikh Qaradawi, idéologue important du mouvement islamiste et organisateur de l'islam européen :
On posa au prophète Mahomet la question suivante : 'Quelle ville sera conquise en premier, Constantinople ou Romiyya?' Il répondit : 'La ville d'Héraklès sera conquise en premier', c'est-à-dire Constantinople... Romiyya est aujourd'hui la ville appelée 'Rome', capitale italienne. La ville d'Héraklès fut conquise en 1453 par Mohammed Ben Morad, jeune Ottoman de 23 ans connu sous le nom de Mohammed le Conquérant. L'autre ville, Romiyya, reste à conquérir, et nous espérons et croyons qu'elle le sera.
Cela signifie que l'islam retournera en Europe en conquérant et en vainqueur, après en avoir été expulsé deux fois : une fois d'Andalousie, au Sud, l'autre fois à l'Est, après qu'il eut frappé aux portes d'Athènes...

Il est facile bien entendu d’écarter du revers de la main cette prophétie relative à la conquête de Rome, en la considérant comme n'étant pas plus digne de foi que celles de Nostradamus. Mais cela serait une grave erreur d'appréciation. L'essentiel n'est pas en effet d'apporter foi aux prophéties de Mohammed, rapportées dans les Hadith, mais de prendre conscience de l'importance que les Musulmans eux-mêmes leur accordent.
Ce sont en effet les croyances des acteurs des mouvements islamistes qui permettent de comprendre leurs motivations et leurs aspirations : l'organisation des Frères musulmans est ainsi persuadée - depuis sa création en 1928 - qu'elle incarne le renouveau de l'islam, et que son rôle est de faire flotter l'étendard de l'islam sur les cinq continents. Présenter les Frères musulmans comme l'incarnation d'un "islamisme modéré" revient donc à faire mentir les convictions les plus ancrées de leurs membres...
La Charte du Hamas, un document à forte connotation apocalyptique
La même erreur de perspective se retrouve dans l'analyse des objectifs du Hamas, que l'on présente régulièrement comme étant en voie de "modération" et sur le point de reconnaître le droit à l'existence d'Israël. Un des passages clés de la Charte du Hamas, qui éclaire la vision du monde du mouvement islamiste palestinien, est le Hadith cité dans l'article 7 :
L'Heure ne viendra pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et les tuent ; jusqu'à ce que les Juifs se cachent derrière des rochers et des arbres, et ceux-ci appelleront : O Musulman, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens et tue-le !
Ce Hadith, cité sur d'innombrables sites Internet musulmans, signifie que le "combat contre les juifs" constitue pour le Hamas un impératif non seulement politique, mais eschatologique. L'affrontement avec les Juifs n'est pas seulement le moyen de récupérer la terre de Palestine, qui constitue un Waqf musulman inaliénable, mais il est la condition sine qua non à la venue de la Fin des temps.
Les observateurs occidentaux, souvent ignorants de la vision du monde islamiste en général, et de leurs croyances eschatologiques en particulier, sont enclins à croire que l'islamisme n'est qu'un extrémisme de façade, et qu'il suffit qu'il soit confronté au pouvoir pour qu'il devienne plus "réaliste" et pragmatique... Un exemple récent de cette erreur d'appréciation nous a été fourni par l'interprétation abusive donnée d'une interview du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mashal. Il aura suffit que le dirigeant du Hamas prononce quelques mots soigneusement calculés, dans une interview à l'agence Reuters , pour que les médias du monde entier se mettent à en tirer des conclusions hâtives et abusives, sur la "reconnaissance d'Israël par le Hamas".
Une analyse succincte de l'idéologie et des principes qui guident l'action du mouvement islamiste palestinien montre cependant qu'il ne saurait être question pour le Hamas de reconnaître le droit d'Israël sur la terre comprise entre la Méditerranée et le Jourdain, ni de renoncer à la lutte armée. Au-delà des discours destinés aux oreilles occidentales - toujours à l'affût de signes d'une "évolution" et d'un "assouplissement" du Hamas – celui-ci reste fidèle à sa raison d'être et à son idéologie, qui est exprimée dans sa Charte.
Un antisémitisme apocalyptique et rédempteur
Le Hamas demeure un mouvement islamiste radical, dont l'idéologie exprime une vision du monde marquée par les thèmes de l'eschatologie musulmane, dans lesquels les Juifs occupent une place centrale. Sa vision apocalyptique de l’affrontement ultime avec Israël exclut toute possibilité de coexistence ou de modération, et elle est identique à celle des mouvements djihadistes les plus radicaux.
Loin d’être un épiphénomène, l’antisémitisme du Hamas constitue le coeur de sa doctrine politico-religieuse. La haine des Juifs exprimée dans la Charte du Hamas et véhiculée dans les discours de ses dirigeants n’est pas un simple antijudaïsme religieux ou un antisémitisme importé d’origine européenne : il s’agit d’un antisémitisme apocalyptique et rédempteur, pour reprendre la qualification de Pierre-André Taguieff qui compare la judéophobie islamiste radicale - pour laquelle « le monde musulman ne peut être sauvé que par l’extermination des Juifs » - à l’antisémitisme raciste hitlérien .
Il est troublant de voir que l’Occident, loin de condamner le discours apocalyptique du Hamas, l’encourage, comme le faisait remarquer récemment le professeur Richard Landes . Cette attitude s’explique sans doute par le fait que la conviction exprimée par les dirigeants du Hamas, de la disparition prochaine d’Israël, est partagée par certains diplomates et dirigeants européens.
Paul Landau *
* Ecrivain et chercheur, vient de publier Pour Allah jusqu'a la mort, Enquete sur les convertis a l'islam radical (Ed. du Rocher)
10:43 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hamas, islamisme, apocalyptisme musulman
30.10.2008
Paul Landau, la théorie du complot dans le discours islamiste
Entretien avec Paul Landau paru sur le site http://www.conspiracywatch.info/

Paul Landau : Le mythe du « complot juif » est omniprésent dans le discours islamiste, depuis la création de l'organisation des Frères musulmans en 1928 et jusqu'à nos jours. On le retrouve, sous différentes formes, chez Hassan Al-Banna, chez l'idéologue Sayyid Qutb, chez Youssouf Qaradawi ou chez Tariq Ramadan. Un aspect nouveau, que je me suis attaché à décrire dans mes livres, est la contagion du langage politique islamiste en Occident, ou comment le discours antijuif islamiste, parfois d'inspiration occidentale, est ré-importé en Occident par le biais des médias arabes, d'Internet et de certains prédicateurs islamistes.
C. W. : Vous trouvez vraiment que Tariq Ramadan sacrifie à cette thématique du « complot juif » ?
P. L. : Oui, il le fait notamment dans son fameux article sur les « nouveaux intellectuels communautaires », publié par le site islamiste Oumma.com et refusé auparavant par plusieurs quotidiens. Ramadan reprend à son compte la théorie de la « guerre américaine pour les Juifs », théorie qui a été développée sous de multiples variantes, y compris par des journaux réputés (un article publié dans Le Monde parlait ainsi, au sujet de la guerre en Irak, des « néo-conservateurs qui tissent leur toile à Washington », en citant uniquement les noms d'hommes politiques juifs, accusés de soutenir « inconditionnellement » la politique menée par l'Etat d'Israël...).
C. W. : Depuis le début des années 90, Hassan Iquioussen est, avec Tariq Ramadan, l’un des deux prédicateurs vedettes de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il a, récemment encore, été invité à un rassemblement à Amiens à l’initiative d’une association musulmane picarde. Hassan Iquioussen est par ailleurs l’auteur d’une conférence insensée dans laquelle il trahit son obsession du « complot juif ». Quelle est la formation intellectuelle de Hassan Iquioussen ? Par qui a-t-il été inspiré ?

C. W. : Pouvez-vous nous en dire plus sur Sayyid Qutb et sur la dimension complotiste de son discours ?
C. W. : Comment s’appelle cet opuscule ?
P. L. : Le livre s’intitule Notre combat contre les Juifs (en arabe : "Ma'rakatuna Ma'a al-Yahud"). Son titre n’est pas sans rappeler celui d'un autre livre fameux, le Mein Kampf ("Mon combat") d'Adolf Hitler. Et comme Mein Kampf ou les Protocoles des Sages de Sion, il a été diffusé très largement à travers le monde arabo-musulman, sur l'initiative de l'imprimerie nationale d'Arabie saoudite.
C. W. : Est-ce à dire qu’il y a un lien entre le discours antijuif de Sayyid Qutb et l’antisémitisme nazi ?
P. L. : L'antisémitisme de Qutb est fondé sur l'anti-judaïsme islamique traditionnel, mais s’y ajoute l'influence des théories du complot juif inspirées par les Protocoles des Sages de Sion. Ainsi écrit-il : « Le Coran a beaucoup parlé des Juifs et a montré leur caractère néfaste. Partout où les Juifs ont demeuré ils ont commis des abominations sans précédent... ». Par ailleurs, l'éditeur saoudien de Notre combat contre les Juifs, Zayn al-Din al-Rakkabi, a ajouté des notes au texte de Qutb, dans lesquelles il cite les Protocoles des Sages de Sion comme preuve de la véracité des accusations portées par Qutb contre les Juifs ! Pour Al-Rakkabi, comme pour de nombreux auteurs islamistes contemporains traitant des Juifs, les Protocoles sont en effet la confirmation des conceptions antijuives ancrées dans la tradition islamique : « La communauté musulmane continue de souffrir des mêmes machinations et de la même duplicité juives qui ont confondu les premiers Musulmans. (…) Les Juifs continuent, par leur méchanceté et leur duplicité, à éloigner cette communauté de sa Religion et à la rendre étrangère à son Coran. (…) Tous ceux qui éloignent cette Communauté de sa Religion et de son Coran ne peuvent être que des agents juifs, qu'ils agissent sciemment ou non… » Dès la première phrase, Qutb expose l'idée centrale de son opuscule, qui revient comme un leitmotiv à travers les pages de Notre combat contre les Juifs. Cette idée est celle de l'hostilité fondamentale des Juifs à l'islam, qui traverse toute l'histoire de la communauté musulmane, depuis l'époque du Prophète Muhammad et de ses compagnons jusqu'à nos jours. Cette idée est essentielle pour comprendre la conception islamiste du monde et de ses conflits actuels. On la retrouve chez tous les représentants de l'islamisme, de Qutb à Youssouf Qaradawi, et jusqu'à Ben Laden. Un verset de la troisième Sourate sert ainsi à Qutb d'introduction à un aperçu de toute l'histoire de l'Islam. Il écrit :
« Notre Communauté est concernée par la tromperie et la conspiration juives : ‘‘Ô Gens du Livre, pourquoi mêlez-vous le faux au vrai et cachez-vous sciemment la vérité ?’’ (La famille d'Imran, verset 71 - NDLR). Ceci est une caractéristique des gens du Livre, que les Musulmans doivent comprendre et dont ils doivent tirer la leçon : la tromperie et la conspiration.
Et cette caractéristique qu'Allah – qu'Il soit glorifié – a critiquée dans le comportement des Gens du Livre à une époque passée est exactement ce qu'ils ont fait jusqu'à ce jour. Ceci est leur manière d'agir tout au long du cycle de l'histoire.
Les Juifs ont commencé à agir de cette manière dès le premier instant… Puis les chrétiens les ont suivis. Au cours des siècles, les Juifs ont empoisonné l'héritage islamique…
Les Juifs ont comploté contre l'histoire islamique, ses événements et ses grands hommes, et ils ont cherché à amener la confusion… Les Juifs ont également conspiré et falsifié l'exégèse du Coran. Ceci est une conspiration très dangereuse.
Les Juifs ont suscité des hommes et des régimes (dans le monde islamique), afin de conspirer contre cette Communauté (musulmane). Des centaines, puis des milliers ont comploté à l'intérieur du monde islamique, et continuent de le faire sous la forme d'orientalistes et d'étudiants des orientalistes. Ils jouent aujourd'hui un rôle important dans la vie intellectuelle de ces pays que l'on dit ‘‘musulmans’’ ! »
C. W. : Y a-t-il une complaisance à l’égard de ce discours islamiste délirant ? Comment expliquer qu’un prédicateur comme Hassan Iquioussen, présenté par l’UOIF comme un « conférencier d'une grande qualité, témoignant d'un respect sans failles des valeurs républicaines » (sic), ait encore pignon sur rue ?
P. L. : Effectivement, il y a un mélange de complaisance et d'ignorance, à l'égard de l'islamisme politique en général, et des Frères musulmans en particulier, représentés en France par l'UOIF. Cela tient à plusieurs causes. Beaucoup d'hommes politiques en France entretiennent une distinction largement artificielle entre d’une part les « salafistes » – considérés comme les seuls islamistes dangereux –, et d’autre part les Frères musulmans, qui seraient des « islamistes modérés ». J'ai montré dans mes livres le caractère factice de cette distinction. Les islamistes politiques (Frères musulmans, UOIF) et les djihadistes partagent la même idéologie, et ne diffèrent que par les moyens employés.
Il y a par ailleurs toute une école d'islamologie en France et en Occident, qui considère avec sympathie les mouvements islamistes en général, interprétant l'islamisme comme un mouvement progressiste, anti-impérialiste, ou comme une « théologie de la libération »... La radicalisation islamique est ainsi interprétée comme une conséquence de la violence des régimes arabes (idée développée notamment par François Burgat mais aussi, dans une moindre mesure, par Gilles Kepel), ou comme une réaction aux agressions occidentales (thèse largement répandue parmi ceux qui attribuent la paternité du phénomène Al-Qaïda aux Etats-Unis).
On en arrive souvent à une lecture « complotiste » faisant de l'islamisme un complot occidental, contre les musulmans ou contre le monde arabe. La version la plus radicale de cette lecture des événements est celle de ceux qui font d'Al-Qaïda une création américaine, mais on trouve des variantes plus édulcorées, qui renvoient dos-à-dos Ben Laden et Bush, ou qui ne condamnent le terrorisme islamiste qu'en dénonçant dans la foulée la politique américaine ou israélienne... Aux yeux de certains observateurs occidentaux, l'islamisme n'est ainsi jamais totalement coupable : il est toujours justifié, ou du moins excusé par les « crimes » de l'Occident.
Paul Landau est spécialiste de l'islamisme. Il est l’auteur de Le Sabre et le Coran (Editions du Rocher, 2005) et de Pour Allah jusqu'à la mort, enquête sur les convertis à l'islam radical (Editions du Rocher, 2008). Il est également l'auteur d'un rapport du Centre Simon Wiesenthal sur l'UOIF (« Le vrai visage de l’UOIF », novembre 2004). L'entretien a été réalisé par courriers électroniques dans la semaine du 27/10/2008.
15:35 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisme, complot, hamas, tariq ramadan
29.09.2008
Conférence de Geert Wilders à NY sur l’Alliance des patriotes
Conférence de Geert Wilders à NY sur l’Alliance des patriotes
"La guerre contre Israël n’est pas une guerre contre Israël. C’est une guerre contre l’Occident. C’est le djihad. Israël reçoit tout simplement les coups qui nous sont destinés à nous tous. Si il n’y avait pas eu d’Israël, l’impérialisme islamique aurait trouvé d’autres lieux où déployer son énergie et sa volonté de conquête. Grâce aux parents d’Israël qui envoient leurs enfants à l’armée et restent éveillés la nuit, les parents en Europe et en Amérique peuvent dormir en paix et rêver, inconscients de la menace qui se profile".
L'homme qui parle ainsi n'est pas un homme politique israélien, ni meme juif. Il s'appelle Geert Wilders, il est député du Parti de la liberté au Parlement néerlandais et c'est une des rares voix lucides et courageuses en Europe aujourd'hui. Une voix a écouter et a diffuser!
[Reproduit du site Point de Bascule]
dimanche 28 septembre 2008, par Annie Lessard, Marc Lebuis
« C’est difficile d’être optimiste face à l’islamisation de l’Europe. Nous sommes en train de perdre. Le pire, c’est la trahison des élites. Les milieux universitaires, les artistes, les médias, les syndicats, les églises, le monde des affaires, l’establishment politique au grand complet couchent avec l’islam et nous demandent de renoncer à nos libertés en chantant Kumbaya. Nos élites dilapident notre précieux héritage en transigeant avec les mollahs et les imams, ce que nos enfants ne nous pardonneront jamais. Mais il y a espoir. Des mouvements de base d’organisent. La nouvelle Alliance des patriotes en sera l’épine dorsale ».
Traduction de la conférence donnée le 25 septembre dernier par Geert Wilders, député du Parti de la liberté au Parlement néerlandais, pour le Hudson Institute à l’hôtel Four Seasons de New York. Le texte original du discours est affiché sur le site Jihadwatch. Geert Wilders a présenté la nouvelle Alliance des patriotes, et annoncé la conférence des parlementaires européens qui se réunira à Jérusalem en décembre 2008 sous le thème Facing Jihad, dont nous avons parlé dans notre brève du 5 septembre.
Chers amis,
Grand merci de m’avoir invité. C’est fantastique d’être au Four Seasons. Je viens d’un pays qui n’a qu’une saison, la saison des pluies qui commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre. Lorsque nous avons trois jours ensoleillés de suite, le gouvernement déclare une urgence nationale. Alors Four Seasons, c’est nouveau pour moi.
C’est génial d’être à New York. Quand je vois les gratte-ciel et les tours à bureaux, je pense à ce qu’a dit Ayn Rand : « Le ciel de New York et la volonté de l’homme rendue visible ». Bien sûr, sans les Hollandais vous ne seriez nulle part, vous chercheriez encore comment acheter cette île des Indiens. Mais nous sommes heureux de l’avoir fait pour vous. Et en toute honnêteté, vous avez fait un bien meilleur boulot que ce que nous aurions possiblement fait.
Je viens en Amérique porteur d’une mission. Ça ne va pas bien dans le vieux continent. Un énorme danger menace, et il est très difficile d’être optimiste. Nous pourrions être dans la phase finale de l’islamisation de l’Europe. Ce n’est pas seulement un danger clair et immédiat pour l’avenir de l’Europe elle-même, c’est aussi une menace pour l’Amérique et la survie même de l’Occident. Le danger que je perçois à l’horizon est celui d’une Amérique seule. Les États-Unis comme le dernier bastion de la civilisation occidentale, face à une Europe islamique. Dans une génération ou deux, les États-Unis se demanderont : qui a perdu l’Europe ? Des patriotes de toute l’Europe risquent leur vie chaque jour pour empêcher ce scénario de devenir réalité.
Mon court exposé se compose de 4 parties.
Je vais d’abord décrire la situation sur le terrain en Europe. Je vais ensuite parler brièvement de l’islam. Enfin, si vous êtes encore ici, je vais dire quelques mots du film que vous venez de voir. Pour terminer, je vais vous parler d’une conférence à Jérusalem.
Europe - Un état des lieux
L’Europe que vous connaissez est en train de changer. Vous avez probablement vu les grands points de repères. La Tour Eiffel, Trafalgar Square, les constructions antiques de Rome et peut-être les canaux d’Amsterdam. Ils sont toujours là, et ils ne semblent pas avoir changé depuis 100 ans.
Mais dans toutes ces villes, parfois à quelques pâtés de maison de votre destination touristique, il y a un autre monde, un monde que très peu de visiteurs voient - et qui n’apparaît pas dans votre guide touristique. C’est le monde de la société parallèle créée par la migration massive des musulmans. À travers toute l’Europe, une nouvelle réalité s’affirme : des quartiers complètement musulmans où très peu de citoyens de souche résident, ou sont même vus. S’ils sont vus, ils pourraient le regretter. Cela vaut aussi pour la police.
C’est le monde des foulards islamiques, des femmes déambulant sous des tentes informes avec des poussettes et une ribambelle d’enfants. Leurs maris, ou propriétaires d’esclaves si vous préférez, marchent trois pas en avant. Avec des mosquées un peu partout. Les magasins ont des enseignes que vous et moi ne pouvons lire. Il vous sera difficile de trouver une quelconque activité économique. Ces ghettos musulmans sont contrôlés par des fanatiques religieux. Ces quartiers sont musulmans, et ils poussent comme des champignons dans toutes les villes à travers l’Europe. Ce sont les fondations d’un contrôle territorial d’une part croissante de l’Europe, rue par rue, quartier par quartier, ville par ville.
Il y a maintenant des milliers de mosquées dans toute l’Europe, avec des congrégations plus nombreuses que dans les églises. Dans chaque ville européenne, il est prévu de construire des méga mosquées qui surplomberont n’importe quelle église dans la région. Le message est clair : nous dominons.
La population de nombreuses villes européennes est déjà à 25% musulmane : prenez seulement Amsterdam, Marseille et Malmö en Suède. Dans de nombreuses villes, la majorité des moins de 18 ans sont musulmans. Paris est maintenant encerclé par des quartiers musulmans. Mohammed est le nom le plus populaire chez les garçons dans de nombreuses villes. Dans certaines écoles primaires d’Amsterdam, la ferme ne peut plus être mentionnée parce que cela signifierait aussi de mentionner le porc, ce qui serait une insulte pour les musulmans. Beaucoup d’écoles en Belgique et au Danemark ne servent plus que de la nourriture halal à tous les élèves. À Amsterdam, une ville autrefois tolérante, les gays sont agressés presque exclusivement par des musulmans.
Les non musulmanes entendent régulièrement « pute, pute ». Les antennes paraboliques ne pointent pas vers des stations de TV locales, mais vers des stations du pays d’origine. En France, les enseignants sont invités à éviter les auteurs considérés comme offensants pour les musulmans, y compris Voltaire et Diderot. Il en va de même de plus en plus pour Darwin. Dans de nombreux cas, l’histoire de l’Holocauste ne peut plus être enseignée en raison des sensibilités musulmanes. En Angleterre, des tribunaux de la charia font maintenant officiellement partie du système juridique britannique.
De nombreux quartiers en France sont des zones interdites aux femmes non voilées. La semaine dernière, un homme est presque mort après avoir été roué de coups par des musulmans à Bruxelles parce qu’il buvait de l’alcool pendant le Ramadan. Les Juifs fuient la France en nombre record à cause de la pire vague d’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Le français est maintenant couramment parlé dans les rues de Tel-Aviv et de Netanya en Israël. Je pourrais continuer éternellement avec de telles histoires. Des histoires sur l’islamisation.
Un total de 54 millions de musulmans vit aujourd’hui en Europe. L’Université de San Diego a récemment calculé que pas moins de 25% de la population européenne sera musulmane dans à peine 12 ans. Bernard Lewis a prédit une majorité musulmane avant la fin du siècle. Ce ne sont que des chiffres. Et les chiffres ne seraient pas une menace si les immigrants musulmans avaient un fort désir de s’intégrer. Mais il y a peu de manifestation d’une telle volonté.
Le Pew Research Center a signalé que la moitié des Français musulmans considèrent que leur loyauté à l’islam passe avant leur loyauté à la France. Un tiers des Français musulmans ne s’opposent pas à des attentats-suicide. Le British Centre for Social Cohesion a indiqué que le tiers des étudiants musulmans britanniques sont en faveur d’un califat mondial. Une étude néerlandaise a signalé que la moitié des musulmans néerlandais disent « comprendre » les attaques du 11/9.
Les musulmans exigent ce qu’ils appellent le « respect ». Et voilà comment nous leur manifestons du respect. Nos élites sont prêtes à faire des concessions. À capituler. Dans mon propre pays, nous sommes passés d’une demande par un membre du cabinet à reconnaître les fêtes musulmanes comme des jours fériés officiels, à des déclarations d’un autre membre du cabinet que l’islam fait partie de la culture néerlandaise, à l’affirmation par le Procureur général démocrate-chrétien qu’il est prêt à accepter la charia aux Pays-Bas s’il y a une majorité musulmane. Nous avons des membres du cabinet avec des passeports marocains et turcs.
Les exigences des musulmans sont appuyées par des comportements illégaux, allant de la petite délinquance et de la violence aveugle, par exemple contre les ambulanciers et les conducteurs de bus, aux émeutes à petite échelle. Paris a connu des soulèvements dans les banlieues à faibles revenus. Certains préfèrent n’y voir que des incidents isolés, mais j’appelle cela une Intifada musulmane. J’appelle les auteurs de ces actes des « colons ». Parce que c’est ce qu’ils sont. Ils ne viennent pas pour s’intégrer dans nos sociétés, ils viennent pour intégrer notre société dans leur Dar-al-Islam. Par conséquent, ils sont des colons.
Une grande partie de la violence de rue dont j’ai parlé est dirigée exclusivement contre les non-musulmans, forçant un grand nombre de personnes à quitter leur quartier, leur ville, leurs pays.
Les politiciens hésitent à prendre position contre cette charia insidieuse. Ils croient en l’égalité de toutes les cultures. En outre, plus prosaïquement, les musulmans sont désormais un bloc de votes à ne pas ignorer.
Nos nombreux problèmes avec l’islam ne peuvent être expliqués par la pauvreté, la répression ou le passé colonial européen, comme l’affirme la gauche. Ça n’a pas non plus quelque chose à voir avec les Palestiniens ou les troupes américaines en Irak. Le problème, c’est l’islam lui-même.
Islam 101
Permettez-moi de vous donner un bref cours d’islam 101. La première chose que vous devez savoir au sujet de l’islam est l’importance du Coran. Le Coran est la parole même d’Allah, révélée par un ange à Mahomet, le prophète. C’est là que le problème commence. Chaque mot dans le Coran est la parole d’Allah, et n’est donc pas ouverte aux débats ou à l’interprétation. Il est valable pour tous les musulmans et pour tous les temps. Par conséquent, il n’y a pas une telle chose que l’islam modéré. Bien sûr, il y a beaucoup de musulmans modérés. Mais un islam modéré, ça n’existe pas.
Le Coran appelle à la haine, à la violence, à la soumission, au meurtre et au terrorisme. Le Coran demande aux musulmans de tuer les non-musulmans, de terroriser les non-musulmans et de s’acquitter de leur devoir de faire la guerre : le djihad violent. Le djihad est un devoir pour chaque musulman, l’islam est appelé à gouverner le monde - par l’épée. Le Coran est clairement anti-sémite, décrivant les Juifs comme des singes et des porcs.
La deuxième chose que vous devez savoir est l’importance de Mahomet le prophète. Son comportement sert d’exemple à tous les musulmans et ne peut pas être critiqué. Si Mahomet avait été un homme de paix, disons un mélange de Gandhi et de Mère Teresa, il n’y aurait pas de problème. Mais Mahomet était tout à la fois un chef de guerre, un tueur en série, un pédophile, et un polygame. La tradition islamique nous raconte comment il a combattu, comment il a tué ses ennemis et a même fait exécuter des prisonniers de guerre. Mahomet lui-même a exterminé la tribu juive de Banu Qurayza. Il a donné des conseils sur l’esclavage mais n’a jamais conseillé de libérer les esclaves. L’islam n’a pas d’autre morale que la propagation de l’islam. Si c’est bon pour l’islam, c’est bon. Si c’est mauvais pour l’islam, c’est mauvais. Il n’y a pas de zone grise ni une autre face.
Le Coran comme parole authentique d’Allah, et Mahomet comme le modèle de l’homme parfait, sont les deux plus importantes facettes de l’islam.
Ne laissez personne vous tromper au sujet de l’islam comme religion. Bien sûr, il y a un dieu, et un au-delà, et 72 vierges. Mais dans son essence l’islam est une idéologie politique. Il s’agit d’un système qui fixe des règles détaillées pour la société et la vie de chaque personne. L’islam veut dicter tous les aspects de la vie. Islam signifie « soumission ». L’islam n’est pas compatible avec la liberté et la démocratie, parce que ce qu’il cherche est la charia. Si vous voulez comparer l’islam à quelque chose, comparez-le au communisme ou au national-socialisme, ce sont toutes des idéologies totalitaires.
C’est ce que vous devez savoir au sujet de l’islam pour comprendre ce qui se passe en Europe. Pour des millions de musulmans, le Coran et la vie de Mahomet ne datent pas de 14 siècles, mais sont une réalité quotidienne, un idéal qui guide tous les aspects de leur vie. Maintenant vous savez pourquoi Winston Churchill appelle l’islam « la force la plus rétrograde qui existe dans le monde », et pourquoi il a comparé à Mein Kampf au Coran.
Ce qui m’amène à mon film, Fitna.
Je suis un député et non un réalisateur. Mais je sentais que j’avais le devoir moral d’éduquer au sujet de l’islam. Le devoir de préciser que le Coran est au coeur même de ce que certains appellent le terrorisme, mais qui en réalité, est le djihad. Je voulais montrer que les problèmes de l’islam sont au cœur de l’islam plutôt qu’à sa périphérie.
Dès qu’il a été rendu public, mon projet de film a provoqué tout un émoi aux Pays-Bas et dans toute l’Europe. Il y a d’abord eu une tempête politique, avec des leaders gouvernementaux sur l’ensemble du continent en état de pure panique. Le niveau d’alerte terroriste aux Pays-Bas a été relevé en raison de possibles attaques ou d’une révolte de notre population musulmane. La branche néerlandaise de l’organisation islamique Hizb ut-Tahrir a déclaré que les Pays-Bas étaient dus pour un attentat. Il y a eu une série d’incidents à l’échelle internationale. Les Talibans ont menacé d’organiser d’autres attaques contre les troupes néerlandaises en Afghanistan, et un site Web lié à Al-Qaida a publié le message que je devais être tué, tandis que différents muftis au Moyen-Orient ont déclaré que je serais responsable de toutes les effusions de sang qui suivraient la projection du film.
En Afghanistan et au Pakistan, le drapeau néerlandais a été brûlé à plusieurs reprises. J’ai été brûlé en effigie. Le président indonésien a annoncé que je ne serais plus jamais admis en Indonésie, tandis que le Secrétaire général des Nations Unies et l’Union européenne ont lâchement publié des déclarations dans le même sens que celles faites par le gouvernement néerlandais. Je pourrais continuer ainsi de suite. C’était une honte totale, une capitulation.
Une pléthore de problèmes juridiques a également suivi, et ce n’est pas encore la fin. Présentement, la Jordanie me poursuit. Juste la semaine dernière, il y a eu de nouveaux rapports d’agences de sécurité sur un niveau accru d’alerte terroriste aux Pays-Bas en raison de Fitna.
La conférence de Jérusalem
J’aimerais maintenant dire quelques mots au sujet d’Israël. Parce que, très bientôt, nous nous réunirons dans sa capitale. La meilleure façon pour un politicien en Europe de perdre des voix est de dire quelque chose de positif au sujet d’Israël. Le public a accepté de tout cœur la version palestinienne, et considère Israël comme l’agresseur. Je vais quand même continuer à parler en faveur d’Israël. Pour moi, prendre la défense d’Israël est une question de principe. J’ai vécu dans ce pays et je l’ai visité des dizaines de fois. Je soutiens Israël. Tout d’abord, parce que c’est la patrie des Juifs après deux mille ans d’exil jusqu’à et y compris Auschwitz, d’autre part parce que c’est une démocratie, et ensuite parce que Israël est notre première ligne de défense.
Samuel Huntington l’écrit de manière judicieuse : « L’islam a des frontières sanglantes ». Israël est situé précisément sur cette frontière. Ce petit pays est situé sur la ligne de faille du djihad, frustrant l’avancée territoriale de l’islam. Israël fait face à la ligne de front du djihad, tout comme le Cachemire, le Kosovo, les Philippines, la Thaïlande du Sud, le Darfour au Soudan, le Liban, et la province d’Aceh en Indonésie. Israël est tout simplement en travers du chemin, comme l’était Berlin Ouest pendant la guerre froide.
La guerre contre Israël n’est pas une guerre contre Israël. C’est une guerre contre l’Occident. C’est le djihad. Israël reçoit tout simplement les coups qui nous sont destinés à nous tous. Si il n’y avait pas eu d’Israël, l’impérialisme islamique aurait trouvé d’autres lieux où déployer son énergie et sa volonté de conquête. Grâce aux parents d’Israël qui envoient leurs enfants à l’armée et restent éveillés la nuit, les parents en Europe et en Amérique peuvent dormir en paix et rêver, inconscients de la menace qui se profile.
Nombreux sont ceux en Europe qui plaident en faveur de l’abandon d’Israël pour répondre aux griefs de nos minorités musulmanes. Mais si Israël, Dieu nous en garde, devait être perdu, cela n’apporterait aucun réconfort à l’Occident. Cela ne signifierait pas que nos minorités musulmanes changeraient soudainement leur comportement et accepteraient nos valeurs. Au contraire, la fin d’Israël serait un énorme encouragement pour les forces de l’islam.
Ils verraient, à juste titre, la disparition d’Israël comme la preuve que l’Occident est faible, et voué à l’échec. La fin d’Israël ne signifierait pas la fin de nos problèmes avec l’islam, mais seulement le début. Ce serait le signe du début de la bataille finale pour la domination du monde. S’ils peuvent avoir Israël, ils peuvent tout avoir. Par conséquent, ce n’est pas que l’Occident a des intérêts en Israël. Il est Israël.
Il est très difficile d’être optimiste face à l’islamisation croissante de l’Europe. Tous les courants sont contre nous. Sur tous les fronts, nous sommes en train de perdre. La dynamique démographique favorise l’islam. L’immigration musulmane est encore une source de fierté au sein des partis libéraux au pouvoir. Les milieux universitaires, les artistes, les médias, les syndicats, les églises, le monde des affaires, l’establishment politique au grand complet s’est converti à la théorie suicidaire du multiculturalisme.
Des soi-disant journalistes se portent volontaires pour étiqueter quiconque critique l’islamisation comme étant un « extrémiste de droite » ou un « raciste ». L’ensemble de l’establishment a pris partie pour notre ennemi. Tous les gauchistes, les libéraux et les démocrates-chrétiens couchent maintenant avec l’islam. C’est la chose la plus douloureuse à voir : la trahison de nos élites. À cette période dans l’histoire de l’Europe, nos élites sont censées faire preuve de leadership. Se porter à la défense de siècles de civilisation. Défendre notre patrimoine. Rendre hommage à nos valeurs judéo-chrétiennes éternelles qui ont fait de l’Europe ce qu’elle est aujourd’hui. Mais il y a très peu de signes d’espoir au niveau gouvernemental.
Sarkozy, Merkel, Brown et Berlusconi reconnaissent probablement la gravité de la situation en privé. Mais lorsque la petite lumière rouge s’allume, ils fixent la caméra et nous disent que l’islam est une religion de paix, et que nous devrions tous essayer de nous entendre gentiment et chanter Kumbaya. Ils participent volontiers à ce que le Président Reagan a si justement appelé « la trahison de notre passé, la dilapidation de notre liberté ».
Si il y a un espoir pour l’Europe, il vient du peuple et non des élites. Le changement ne peut venir que d’initiatives populaires. Il doit venir des citoyens eux-mêmes. Pourtant, ces patriotes devront confronter l’ensemble de l’establishment politique, juridique et médiatique.
Au cours des dernières années, il y a eu quelques signes, modestes mais encourageants, d’une renaissance de l’esprit européen des origines. Peut-être que les élites tournent le dos à la liberté, mais pas le public. Dans mon pays, les Pays-Bas, 60% de la population voit l’immigration de masse des musulmans comme l’erreur politique numéro un depuis la Seconde Guerre mondiale. Et un autre 60% voit l’islam comme la plus grande menace à notre identité nationale. Je ne pense pas que l’opinion publique aux Pays-Bas soit très différente de celle des autres pays européens.
Contre toute attente, il y a une augmentation du nombre de partis patriotiques qui s’opposent au djihad. Mon propre parti a fait ses débuts il y a deux ans, avec 5% des voix. Il est maintenant à 10% dans les sondages. Il en va de même de tous les partis aux vues similaires en Europe. Ils militent contre l’establishment libéral et gagnent du terrain sur la scène politique, un électeur à la fois.
Pour la première fois, ces partis patriotiques vont maintenant se réunir et échanger leurs expériences. Ce pourrait être le début de quelque chose de gros. Quelque chose qui pourrait changer la carte de l’Europe pour les décennies à venir. Ce pourrait aussi être la dernière chance de l’Europe.
En décembre 2008, une conférence aura lieu à Jérusalem. Grâce au professeur Aryeh Eldad, un membre de la Knesset, nous serons en mesure de regarder Fitna à la Knesset et de discuter du djihad. Nous organisons cet événement en Israël pour mettre l’accent sur le fait que nous sommes tous dans le même bateau en même temps, et qu’Israël fait partie de notre patrimoine commun. Les participants seront sélectionnés. Aucune organisation raciste ne sera admise. Et nous n’admettrons que les partis qui sont solidement démocratiques.
Cette conférence sera le début d’une Alliance des patriotes européens. Cette alliance sera l’épine dorsale de tous les organismes et partis politiques qui s’opposent au djihad et à l’islamisation. Je sollicite votre appui à cette Alliance.
Cette initiative pourrait est cruciale pour l’Amérique et l’Occident. L’Amérique peut s’accrocher au rêve que grâce à sa situation géographique, elle est à l’abri du djihad et de la charia. Mais il y a sept ans, jour pour jour, il y avait encore de la fumée sortant de Ground Zero à la suite d’attentats qui ont réduit ce rêve à néant. Pourtant, il existe un danger encore plus grand que des attaques terroristes, c’est le scénario de l’Amérique comme le seul rempart.
Les lumières pourraient s’éteindre sur l’Europe plus vite que vous pouvez imaginer. Une Europe islamique, c’est une Europe sans liberté ni démocratie, une économie en déroute, un cauchemar intellectuel, et une perte de puissance militaire pour l’Amérique alors que ses alliés se transformeront en ennemis, des ennemis avec des bombes atomiques. Avec une Europe islamique, il reviendrait à l’Amérique seule de préserver l’héritage de Rome, d’Athènes et de Jérusalem.
Chers amis, la liberté est le bien le plus précieux. Ma génération n’a jamais eu à se battre pour cette liberté, elle nous a été offerte sur un plateau d’argent par des personnes qui se sont battues pour elle au prix de leur vie. À travers toute l’Europe, des cimetières américains nous rappellent les jeunes garçons qui ne sont jamais rentrés à la maison, et dont nous chérissons la mémoire.
Cette liberté n’appartient pas à ma génération, nous en sommes seulement les dépositaires. Nous devons léguer cette liberté durement conquise aux enfants de l’Europe dans l’état dans lequel elle nous a été transmise. Nous ne pouvons pas la compromettre en transigeant avec des mollahs et des imams. Les générations futures ne nous le pardonneraient jamais. Nous ne pouvons dilapider nos libertés. Nous n’avons tout simplement pas le droit de le faire.
Ce n’est pas la première fois que notre civilisation est menacée. Nous avons connu des dangers avant. Nous avons été trahis par nos élites avant. Elles ont déjà pris partie pour nos ennemis. Et pourtant, la liberté a gagné.
Nous ne vivons pas une époque où on peut pratiquer l’apaisement, la capitulation, la renonciation ou l’abandon. Ce ne sont pas des temps où on peut prendre exemple sur M. Chamberlain. Nous vivons des temps où il faut se rappeler les leçons de M. Churchill et les paroles qu’il a prononcées en 1942 :
« N’abandonnez jamais. N’abandonnez jamais. Jamais, au grand jamais, n’abandonnez jamais en rien, si ce n’est pour l’honneur et le bon sens. Ne cédez jamais à la force. Ne cédez jamais à l’apparente puissance écrasante de l’ennemi. »
10:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisation, europe, resistance, trahison des elites
10:41 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisation de l'europe
29.04.2008
Le Danemark veut interdire un parti islamiste
| |
"Nous sommes pour le califat au Moyen-Orient, pas au Danemark, contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui veulent nous interdire, nous déclare Fadi Abdullatif. Nous ne reconnaissons pas Israël en tant qu'Etat et nous supportons le djihad dans certains pays. Nous voulons libérer le monde musulman de l'influence et de la domination culturelle et militaire de l'Occident."
En février, le mouvement a de nouveau fait parler de lui en manifestant lorsqu'une quinzaine de quotidiens danois avaient réimprimé les caricatures de Mahomet, en solidarité avec un dessinateur qui avait été la cible d'une tentative d'assassinat. Villy Sovndal, nouvelle étoile de la gauche danoise, avait alors invité les membres de Hizb ut-Tahrir à "aller au diable". "Nous sommes combattus ici car les Danois veulent que nous soyons assimilés, que les musulmans abandonnent (leur) identité, souligne Fadi Abdullatif. C'est bien sûr inacceptable."
LAVAGE DE CERVEAU
La polémique a rebondi avec la publication par le quotidien Jyllands-Posten du témoignage d'un jeune Danois converti à l'islam, qui a raconté que les nouvelles recrues subissaient un lavage de cerveau, qu'on les poussait à rejeter tout ce qui est danois et qu'elles devaient verser 10 % de leur salaire à l'organisation. Les cibles typiques de Hizb ut-Tahrir, dit-il, sont les jeunes musulmans exposés au racisme.
Il n'en fallait pas plus pour relancer la machine. Selon l'agence de presse Ritzau, la moitié des politiciens danois d'origine immigrée, de droite comme de gauche, prônent l'interdiction du mouvement. Mais de nombreux juristes sont dubitatifs. "Rien de nouveau n'a été établi depuis le précédent avis du procureur général en 2004, qui avait repoussé l'idée d'interdire Hizb ut-Tahrir", note Jorgen Albæk Jensen, professeur de droit à l'université de Aarhus.
Le mouvement compterait une centaine de membres actifs à Copenhague, et la branche danoise serait, après celle de Londres dont elle est issue, la plus importante en Europe. Hizb ut-Tahrir est surtout présent en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, mais également dans la plupart des pays d'Europe, même si certains, comme l'Allemagne, l'ont interdit.
22:07 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2007
1987-2007 : Le Hamas, un mouvement islamiste apocalyptique - Paul Landau

L'erreur la plus répandue lorsque l'on parle des mouvements islamistes contemporains, et notamment du Hamas, consiste à les envisager à l’aide des concepts et des manières de penser propres à l'Occident. La plupart des analyses occidentales du phénomène islamiste ont souvent tendance à sous-estimer, voire à occulter un aspect fondamental, que l'on retrouve dans toutes les différentes mouvances et organisations islamistes : celui des croyances religieuses musulmanes, et plus précisément de l'eschatologie musulmane.
C'est ainsi qu'un islamologue français réputé, auteur d'ouvrages importants sur l'islamisme contemporain, peut expliquer la révolution islamique iranienne de 1979 par "l'alliance de la bourgeoisie pieuse et de la jeunesse urbaine pauvre ", et que de nombreux journalistes continuent à décrire les auteurs - palestiniens et autres - des attentats-suicides comme des "désespérés" et des laissés pour compte, alors même que toutes les recherches entreprises sur le sujet démontrent que cette grille de lecture sociologique ou marxisante ne correspond pas à la réalité.
Il est impossible de comprendre les succès remportés par le Hamas, depuis les élections palestiniennes il y a presque deux ans, et la persistance de l'islamisme - dont de nombreux observateurs occidentaux annoncent régulièrement l'essoufflement ou même la prochaine disparition - si l'on fait abstraction des croyances des acteurs des mouvements islamistes ou si l'on en diminue l'importance, en les considérant comme des balivernes moyenâgeuses dénuées de signification concrète.

Il faut écouter ce que disent les islamistes et accorder du poids à leur discours, si l'on veut tenter de comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Il est significatif à cet égard de constater que les médias occidentaux, qui parlent régulièrement des événements du Proche-Orient et de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, ne mentionnent presque jamais la Charte du mouvement islamiste.
Que veut le Hamas?
Une analyse courante du mouvement islamiste palestinien consiste à en faire un clone du Fatah, dont il ne diffèrerait que par l'habillage religieux donné à son combat contre Israël. Selon cette conception, répandue dans les chancelleries occidentales, il suffirait d'attendre patiemment pour que le Hamas modère ses ambitions et accepte d'entrer dans le jeu des négociations afin de parvenir à une coexistence avec Israël.
Le préambule de la Charte du Hamas affirme pourtant de manière claire la centralité du "combat contre les Juifs", qui doit être mené "jusqu'à ce que [les] ennemis soient vaincus et que la victoire d'Allah soit établie". Pour saisir la conception de l'islam qui est celle du Hamas, il faut accepter de mettre de côté l’idée occidentale de la religion, conçue comme une sphère bien délimitée de l'existence. L'histoire de l'Occident chrétien est en effet celle d'une relégation toujours plus poussée de la part du religieux dans l'existence. C'est pourquoi il est difficile pour un occidental de se représenter la manière dont un Musulman non occidentalisé peut concevoir l'islam.
L'eschatologie, au coeur du conflit entre l'islam et l'Occident
Un des aspects essentiels - et méconnus - de l'islamisme contemporain est celui des croyances eschatologiques. La dimension eschatologique de l'islam à souvent été minimisée, parfois pour des raisons polémiques, le christianisme se présentant comme la seule religion tournée vers l'au-delà, en rejetant l'islam dans le domaine des seules préoccupations terrestres.
Cette dimension oubliée est fondamentale dans la résurgence actuelle d'un islam conquérant, car elle traverse tous les clivages du monde musulman - entre sunnisme et chiisme, entre islam traditionnel et islamisme contemporain - et permet de comprendre de très nombreux aspects du réveil de l'islam.
Comme l'explique un historien français , "l'eschatologie représente un des traits fondamentaux de la religion musulmane. L'imminence de la fin des temps et du Jugement dernier est l'un des thèmes coraniques les plus anciens et les plus constants, qui parcourt l'ensemble du texte sacré de l'islam". Mohammed étant le dernier prophète (le "sceau de la prophétie"), sa venue inaugure la dernière période de l'histoire universelle, c'est-à-dire la période eschatologique.

Dans son recueil de Hadith intitulé "Les grands signes de la fin du monde depuis la mission du prophète jusqu'au retour de Jésus", Abdallah al-Hajjaj cite une parole du prophète, affirmant en levant sa main que sa mission et l'Heure dernière étaient rapprochées comme son majeur de son index. Cette croyance à l'imminence de la fin des temps est un aspect fondamental du réveil de l'islam dans le monde actuel, sous ses formes pacifiques et guerrières.
L'islam chiite est parfois présenté comme étant le seul à accorder une importance aux considérations eschatologiques. Il est vrai que le thème du retour de l'Imam caché, élément central des croyances de l'islam chiite, se prête facilement aux interprétations eschatologiques. Depuis la révolution islamique iranienne, en 1979, les aspirations eschatologiques occupent le devant de la scène au sein du monde musulman chiite. La croyance en l'imminence du Jugement dernier permet d'expliquer tant les comportements suicidaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980, lors de la guerre Iran-Irak, que l’attitude actuelle du dirigeant iranien Ahmadinejad.
La dimension eschatologique du mouvement islamiste sunnite
Mais l'eschatologie est tout autant présente dans l'islam sunnite, et elle joue un rôle central dans le développement des mouvements islamistes sunnites. Toutes les composantes de la mouvance islamiste contemporaine, depuis les Frères musulmans jusqu'au Hamas et à la nébuleuse Al-Qaida, partagent en effet l'espoir de voir le Califat islamique reconstitué et considèrent le "renouveau de l'islam" comme le signe manifeste de la véracité des prophéties concernant la victoire finale de l'islam et sa propagation dans le monde entier.
On peut citer à titre d'exemple cette fatwa du cheikh Qaradawi, idéologue important du mouvement islamiste et organisateur de l'islam européen :
On posa au prophète Mahomet la question suivante : 'Quelle ville sera conquise en premier, Constantinople ou Romiyya?' Il répondit : 'La ville d'Héraklès sera conquise en premier', c'est-à-dire Constantinople... Romiyya est aujourd'hui la ville appelée 'Rome', capitale italienne. La ville d'Héraklès fut conquise en 1453 par Mohammed Ben Morad, jeune Ottoman de 23 ans connu sous le nom de Mohammed le Conquérant. L'autre ville, Romiyya, reste à conquérir, et nous espérons et croyons qu'elle le sera.
Cela signifie que l'islam retournera en Europe en conquérant et en vainqueur, après en avoir été expulsé deux fois : une fois d'Andalousie, au Sud, l'autre fois à l'Est, après qu'il eut frappé aux portes d'Athènes...

Il est facile bien entendu d’écarter du revers de la main cette prophétie relative à la conquête de Rome, en la considérant comme n'étant pas plus digne de foi que celles de Nostradamus. Mais cela serait une grave erreur d'appréciation. L'essentiel n'est pas en effet d'apporter foi aux prophéties de Mohammed, rapportées dans les Hadith, mais de prendre conscience de l'importance que les Musulmans eux-mêmes leur accordent.
Ce sont en effet les croyances des acteurs des mouvements islamistes qui permettent de comprendre leurs motivations et leurs aspirations : l'organisation des Frères musulmans est ainsi persuadée - depuis sa création en 1928 - qu'elle incarne le renouveau de l'islam, et que son rôle est de faire flotter l'étendard de l'islam sur les cinq continents. Présenter les Frères musulmans comme l'incarnation d'un "islamisme modéré" revient donc à faire mentir les convictions les plus ancrées de leurs membres...
La Charte du Hamas, un document à forte connotation apocalyptique
La même erreur de perspective se retrouve dans l'analyse des objectifs du Hamas, que l'on présente régulièrement comme étant en voie de "modération" et sur le point de reconnaître le droit à l'existence d'Israël. Un des passages clés de la Charte du Hamas, qui éclaire la vision du monde du mouvement islamiste palestinien, est le Hadith cité dans l'article 7 :
L'Heure ne viendra pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et les tuent ; jusqu'à ce que les Juifs se cachent derrière des rochers et des arbres, et ceux-ci appelleront : O Musulman, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens et tue-le !
Ce Hadith, cité sur d'innombrables sites Internet musulmans, signifie que le "combat contre les juifs" constitue pour le Hamas un impératif non seulement politique, mais eschatologique. L'affrontement avec les Juifs n'est pas seulement le moyen de récupérer la terre de Palestine, qui constitue un Waqf musulman inaliénable, mais il est la condition sine qua non à la venue de la Fin des temps.
Les observateurs occidentaux, souvent ignorants de la vision du monde islamiste en général, et de leurs croyances eschatologiques en particulier, sont enclins à croire que l'islamisme n'est qu'un extrémisme de façade, et qu'il suffit qu'il soit confronté au pouvoir pour qu'il devienne plus "réaliste" et pragmatique... Un exemple récent de cette erreur d'appréciation nous a été fourni par l'interprétation abusive donnée d'une interview du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mashal. Il aura suffit que le dirigeant du Hamas prononce quelques mots soigneusement calculés, dans une interview à l'agence Reuters , pour que les médias du monde entier se mettent à en tirer des conclusions hâtives et abusives, sur la "reconnaissance d'Israël par le Hamas".
Une analyse succincte de l'idéologie et des principes qui guident l'action du mouvement islamiste palestinien montre cependant qu'il ne saurait être question pour le Hamas de reconnaître le droit d'Israël sur la terre comprise entre la Méditerranée et le Jourdain, ni de renoncer à la lutte armée. Au-delà des discours destinés aux oreilles occidentales - toujours à l'affût de signes d'une "évolution" et d'un "assouplissement" du Hamas – celui-ci reste fidèle à sa raison d'être et à son idéologie, qui est exprimée dans sa Charte.
Un antisémitisme apocalyptique et rédempteur
Le Hamas demeure un mouvement islamiste radical, dont l'idéologie exprime une vision du monde marquée par les thèmes de l'eschatologie musulmane, dans lesquels les Juifs occupent une place centrale. Sa vision apocalyptique de l’affrontement ultime avec Israël exclut toute possibilité de coexistence ou de modération, et elle est identique à celle des mouvements djihadistes les plus radicaux.
Loin d’être un épiphénomène, l’antisémitisme du Hamas constitue le coeur de sa doctrine politico-religieuse. La haine des Juifs exprimée dans la Charte du Hamas et véhiculée dans les discours de ses dirigeants n’est pas un simple antijudaïsme religieux ou un antisémitisme importé d’origine européenne : il s’agit d’un antisémitisme apocalyptique et rédempteur, pour reprendre la qualification de Pierre-André Taguieff qui compare la judéophobie islamiste radicale - pour laquelle « le monde musulman ne peut être sauvé que par l’extermination des Juifs » - à l’antisémitisme raciste hitlérien .
Il est troublant de voir que l’Occident, loin de condamner le discours apocalyptique du Hamas, l’encourage, comme le faisait remarquer récemment le professeur Richard Landes . Cette attitude s’explique sans doute par le fait que la conviction exprimée par les dirigeants du Hamas, de la disparition prochaine d’Israël, est partagée par certains diplomates et dirigeants européens.
Paul Landau
11:15 Publié dans Islamisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

























