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22.09.2008

Enquête sur les convertis à l'islam radical

VIENT DE SORTIR EN LIBRAIRIE :

 

Pour Allah jusqu'à la mort
Enquête sur les convertis à l'islam radical

Paul Landau

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Ils s'appellent Lionel, Muriel, David ou Steven. Ils sont nés dans des familles catholiques ou protestantes, en France, en Allemagne, ou aux États-Unis. Leurs vies étaient très ordinaires et ils ressemblaient comme deux gouttes d'eau à votre voisin de palier... Jusqu'au jour où leur existence a basculé, en les projetant sous les feux de la rampe.

Le 9 novembre 2005, une jeune femme belge, Muriel Degauque, se faisait exploser en Irak, devenant la première femme kamikaze européenne. Au même moment s'ouvrait le procès en assises de Lionel Dumont, converti à l'islam radical et membre du gang de Roubaix qui défraya la chronique dans les années 1990. En décembre 2001, l'Amérique tout entière découvrait avec stupeur sur les écrans de télévision le visage du «Taliban américain», John Walker Lindh, capturé en Afghanistan.

Qui sont ces soldats perdus du djihad ? Quelles sont leurs moti­vations, avouées ou secrètes ? Comment les services de renseignements occidentaux réagissent-ils à ce phénomène inquiétant ? Pour la première fois, un livre répond à ces questions, en tentant de décrypter le «profil» des convertis à l'islam radical en Occident. Paul Landau analyse de nombreux exemples en Europe, aux États-Unis et en Australie, et dresse des portraits fascinants de ces hommes et femmes devenus des adeptes fanatiques de l'islam radical.

À travers l'étude du parcours de ces djihadistes d'un nouveau type, ce livre analyse aussi l'engouement pour l'islam de jeunes Occidentaux de plus en plus nombreux et tente d'en comprendre les causes profondes.

Paul Landau, écrivain et chercheur spécialiste des mouvements islamistes, a publié Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l'Europe (éd. du Rocher, 2005).

19 €

08.11.2007

Jean-Paul Picaper - Un témoignage incontournable sur « les années Carlos »

Magdalena Kopp « Die Terrrorjahre (Les années terroristes). Mein Leben an der Seite von Carlos (Ma vie au côté de Carlos) ». Editions DVA. Munich. 2007. 319 pages. 19,95 euros.

L’ancienne compagne du terroriste international se confesse dans un livre fascinant – Nous présentons ici une critique en français de ce livre paru en allemand dans l’espoir qu’un éditeur français voudra bien le publier. Il en va de même du livre « Les petits plaisirs du communisme «  (« So macht Kommunismus Spass ») de Bettina Röhl, journaliste et fille d’Ulrike Meinhof, qui a prouvé que les débuts de l’hypergauchisme et du terrorisme ouest-allemands furent financés par la Stasi est-allemande.

1985 :  Magdalena Kopp revient à Budapest, avec son compagnon Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, recherché par toutes les polices du monde libre. Leur ancien logeur, un psychologue hongrois à la solde des services secrets de son pays, lui fait visiter l’hôpital psychiatrique dans lequel il travaille et, à travers ses patients, lui explique que la folie sommeille longtemps en eux derrière une façade de normalité jusqu’à ce qu’elle se révèle par des actes.

A l’époque, Magdalena ne comprit pas que l’avertissement concernait Carlos. Le couple dut quitter la capitale hongroise et ne trouva plus jamais asile en Europe de l’Est. Désormais, le Bloc soviétique ne voulait plus rien savoir du soi-disant chef du « Groupe des terroristes internationaux », considéré par Moscou comme un tueur incontrôlable, déviation grave aux yeux des communistes.

Dans le livre autobiographique qu’elle vient de publier en Allemagne,* l’ancienne compagne puis épouse de Carlos qui partagea sa vie dans la clandestinité, relate au jour le jour, en des termes sincères et crédibles, sa découverte du délire de celui qui s’était imposé à elle par la force, pour lui jeter ensuite de la poudre aux yeux. Leur idylle dura de 1978 à 1992 avec des hauts et des bas et une interruption de quatre ans qu’elle passa à la prison de Fleury-Mérogis. La piste sanglante de l’auteur de l’attentat du « Drugstore » des Champs-Elysées (1974), passait par un appartement de la rue Toullier à Paris où il avait abattu à bout portant le 27 juin 1975 trois fonctionnaires de la DST venus l’interroger et le Libanais Michel Moukarbel, un ancien complice qui l’avait donné. On le revit à la tête du commando qui captura à Vienne en décembre de la même année les ministres de l’OPEC au nom du Front de libération de la Palestine, une affaire qui tourna mal et écorna son crédit chez ses amis arabes.

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C’est moins par amour pour sa compagne allemande, car il était incapable, d’après elle, du moindre attachement émotionnel, que pour étayer sa propre réputation et défier le ministre de l’Intérieur français de l’époque, Gaston Deferre, coupable, à son goût, de garder sous les verrous celle qu’il considérait comme sa chose, que Carlos tenta d’obtenir la libération de Magdalena à coup de bombes. Elle avait été capturée par la police française avec un acolyte, alors qu’elle préparait un attentat (mal) planifié par son amant Il téléguida en mars 1982 un explosion dans l’Euroexpress « Capitole » Paris-Toulon (5 morts, 27 blessés). Il fit assassiner à Beyrouth en avril de la même année un couple de diplomates français, puis exploser à Paris, toujours en avril, une bombe à la rue Marbeuf  (1 mort, 60 blessés) et fit enfin tuer 11 personnes et en blesser 27 autres dans l’explosion d’une voiture piégée en mai 1982 devant l’ambassade de France à Beyrouth. Pour n’obtenir finalement qu’une aggravation des peines infligées à ses deux « soldats » comme il les appelait dans une lettre au ministre.

Ses protecteurs des services secrets arabes à Bagdad, Aden, Damas,  Tripoli, Khartoum et ailleurs, le tolérèrent un moment sur leur sol,  l’amadouant avec des présents pour qu’il se tienne tranquille et se le renvoyant comme un cadeau empoisonné. Toujours aussi insensible et impitoyable, de plus en plus isolé, Carlos voulait du sang et abattit de sa propre main deux de ses complices, Gerd Albartus et « Feisal » al-Sibai qu’il soupçonnait sans preuves de l’espionner.

Au fil des pages, Magdalena Kopp décortique la personnalité schizoïde de son compagnon, mais l’apport le plus décisif de sa confession est l’identification des racines du mal. Ce fut, pour Carlos, fils de bourgeois vénézuéliens, un cocktail dissonant de marxisme orthodoxe injecté par son père qui baptisa ses fils Ilitch, Lénine et Vladimir, et de vanité futile d’une mère qui les dévorait et fit de lui un enfant gâté, paresseux et vaniteux

Cette conjonction familiale atypique n’enlève rien à la culpabilité de l’intéressé, encore qu’à ce jour, voué à la prison à vie, il n’ait visiblement rien compris. Le parcours de l’ex-étudiante Magdalena Kopp, qui avait cru s’« émanciper » de son milieu familial étriqué dans la révolution de pacotille des soixante-huitards berlinois, pour déraper peu à peu vers la clandestinité terroriste, est plus instructif encore.

Les étapes en soi très caractéristiques du parcours de Magdalena sont à méditer pour ceux qui ont des adolescents en charge. Elle sortait d'un milieu étriqué avec un père qui avait été nazi et qui avait fait la croix dessus sans vraiment réaliser le côté criminel du parti d’Hitler. Le  passé nazi n’est plus aujourd’hui actuel. 

SUITE sur http://www.eurbag.eu/culture.htm                                 

                Jean-Paul Picaper

 
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